Loi de finances 2026 : quels impacts pour les médecins et dentistes libéraux (SELARL, SELAS, holdings SPFPL et SMHF)

Loi de finances 2026 : quels impacts pour les médecins et dentistes libéraux (SELARL, SELAS, holdings SPFPL et SMHF)

Depuis plusieurs mois, la loi de finances 2026 alimente de nombreuses interrogations chez les professionnels de santé libéraux. Les débats parlementaires ont notamment évoqué la création d’une taxe visant certaines holdings patrimoniales, ce qui a rapidement suscité une inquiétude dans les cabinets médicaux et dentaires.

De nombreux praticiens se posent aujourd’hui la même question : les structures juridiques utilisées par les médecins et les dentistes — SELARL, SELAS, holdings SPFPL ou holdings patrimoniales (SMHF) — sont-elles remises en cause par la loi de finances 2026 ?

La réponse est plus nuancée que ce que l’on peut lire dans certains articles. Si la loi de finances introduit effectivement une nouvelle taxe visant certaines holdings patrimoniales, les structures classiquement utilisées par les médecins et les chirurgiens-dentistes ne sont généralement pas concernées.

Pour comprendre les véritables enjeux, il est essentiel de revenir sur l’architecture juridique habituellement utilisée par les professionnels de santé libéraux : la société d’exercice (SELARL ou SELAS), la holding professionnelle (SPFPL) et la holding patrimoniale familiale (SMHF).

Sommaire

Témoignage du docteur Khalid B., Anesthésiste réanimateur à Toulouse

Les structures juridiques des médecins et dentistes libéraux

La structuration juridique des cabinets médicaux et dentaires a beaucoup évolué au cours des dernières années. Là où les professionnels exerçaient historiquement en nom propre, de nombreux praticiens choisissent désormais d’exercer via une société d’exercice libéral.

Dans la pratique, deux formes juridiques dominent aujourd’hui :

  • la SELARL médecin ou dentiste
  • la SELAS médecin ou dentiste

Ces sociétés permettent notamment d’opter pour l’impôt sur les sociétés, de faciliter l’association entre praticiens et de préparer la transmission du cabinet.

Lorsque l’activité se développe, certains praticiens médecins ou dentistes choisissent également de créer une holding afin d’organiser la détention de leur société d’exercice.

Deux types de holdings sont alors possibles :

  • la SPFPL, holding professionnelle des professions libérales
  • la SMHF, holding patrimoniale familiale

SELARL ou SELAS : le socle des cabinets médicaux et dentaires

Que ce soit pour un médecin ou un chirurgien-dentiste, la SELARL et la SELAS constituent aujourd’hui les structures les plus utilisées par les professionnels de santé libéraux.

Ces sociétés d’exercice libéral permettent notamment :

FAQ – Holding médecin, holding dentiste et loi de finances 2026

Qu’est-ce qu’une holding pour médecin ou dentiste ?

Une holding pour médecin ou dentiste est une société qui détient les parts d’une société d’exercice libéral (SELARL ou SELAS) exploitant un cabinet médical. Elle permet notamment d’organiser la détention du cabinet et la structuration patrimoniale.

Une holding médecin ou dentiste est-elle concernée par la loi de finances 2026 ?

Dans la majorité des cas, non. Les holdings utilisées par les médecins et dentistes détiennent généralement des participations dans des sociétés d’exercice libéral, ce qui les distingue des holdings patrimoniales visées par la taxe.

Une SPFPL ou SMHF peut-elle être taxée par cette nouvelle taxe sur les holdings ?

Une SPFPL ou une SMHF qui détient des participations dans des SELARL ou des SELAS n’entre généralement pas dans le champ de la taxe sur les holdings patrimoniales.

Quelle est la différence entre une SPFPL et une holding patrimoniale SMHF ?

La SPFPL est une holding professionnelle destinée à détenir des sociétés d’exercice libéral. La holding patrimoniale (SMHF) est utilisée pour organiser un patrimoine familial.

Un médecin ou dentiste doit-il créer une holding ?

La création d’une holding médecin ou holding dentiste peut être pertinente pour organiser la détention d’une SELARL ou d’une SELAS, faciliter une association ou structurer un patrimoine.

  • de soumettre les bénéfices à l’impôt sur les sociétés
  • d’organiser l’entrée de nouveaux associés
  • de préparer une cession ou une transmission du cabinet
  • d’améliorer la gestion du patrimoine professionnel
  • structurer un cabinet dentaire ou médical, notamment lorsqu’il existe plusieurs associés

Ces sociétés constituent souvent la première étape avant la mise en place d’une holding médecin ou dentiste.

La SPFPL : la holding professionnelle des médecins et dentistes

La SPFPL (Société de Participations Financières de Profession Libérale) est une holding spécialement conçue pour les professions réglementées, dont les médecins et les chirurgiens-dentistes.

Cette structure permet notamment de détenir les parts d’une ou plusieurs sociétés d’exercice libéral.

Dans la pratique, une SPFPL médecin peut détenir les parts d’une SELARL ou d’une SELAS dans laquelle le praticien exerce.

L’intérêt principal de cette holding est de faciliter :

  • la structuration de l’actionnariat
  • la reprise progressive d’un cabinet
  • le financement d’une acquisition de parts
  • la remontée de dividendes dans un cadre fiscal optimisé

Pour ces raisons, la SPFPL est aujourd’hui la forme la plus courante de holding médecin ou holding dentiste.

La holding patrimoniale (SMHF)

Au-delà de la holding professionnelle, certains praticiens mettent en place une holding patrimoniale, souvent appelée SMHF (Société Micro Holding Familiale). Contrairement à la SPFPL, la SMHF n’est pas une structure spécifiquement prévue par les textes applicables aux professions de santé ; en d’autres termes, elle n’est pas réglementée par les instances ordinales.

Contrairement à la SPFPL, la SMHF n’a pas pour objectif principal de détenir des sociétés d’exercice, mais plutôt d’organiser la gestion du patrimoine familial.

Une SMHF peut notamment détenir :

  • des parts de SPFPL
  • des parts de SELARL/SELAS
  • des parts de sociétés commerciales
  • des parts de SCI immobilières
  • des investissements financiers

Le schéma le plus fréquent chez les professionnels de santé est donc :

Schéma holding médecin et dentiste : SMHF, SPFPL, SELARL et SELAS
Schéma simplifié de l’organisation juridique d’un cabinet médical ou dentaire utilisant une holding SPFPL et une holding patrimoniale SMHF.

Ce type d’organisation est fréquent chez les professionnels de santé libéraux qui souhaitent structurer leur activité via une SELARL ou une SELAS, détenue par une holding SPFPL, elle-même éventuellement contrôlée par une holding patrimoniale (SMHF).

La taxe sur les holdings patrimoniales dans la loi de finances 2026

La loi de finances 2026 introduit une taxe visant certains actifs détenus par des holdings patrimoniales.

Cette taxe s’applique lorsque plusieurs conditions sont réunies :

  • la société est soumise à l’impôt sur les sociétés
  • la valeur de son patrimoine dépasse 5 millions d’euros
  • plus de la moitié de ses revenus sont des revenus passifs
  • la société est contrôlée par une ou plusieurs personnes physiques

La taxe vise principalement des actifs non affectés à une activité économique, tels que :

  • yachts et bateaux de plaisance
  • véhicules non professionnels
  • aéronefs
  • bijoux ou métaux précieux
  • chevaux de course
  • logements dont l’associé se réserve la jouissance

Le taux de la taxe est fixé à 20 % de la valeur vénale de ces actifs.

Les holdings des médecins et dentistes sont-elles concernées ?

Dans la grande majorité des cas, les holdings utilisées par les médecins et les dentistes ne sont pas concernées par cette taxe.

En effet, la taxe vise principalement des holdings patrimoniales détenant des actifs de jouissance ou des placements financiers sans activité économique réelle.

Or les structures utilisées par les professionnels de santé ont généralement une logique professionnelle :

  • une SPFPL détient des participations dans des sociétés d’exercice libéral
  • une SMHF détient souvent des participations actives ou des biens immobiliers liés à l’activité

Dans ces situations, les actifs sont considérés comme liés à une activité économique et ne sont donc pas visés par la taxe.

Les autres mesures fiscales de la loi de finances 2026 pour les libéraux

La loi de finances 2026 comporte également d’autres mesures susceptibles d’intéresser les professionnels de santé libéraux.

Parmi les principales évolutions figurent :

  • l’aménagement du régime du pacte Dutreil pour la transmission d’entreprise
  • la modification des règles applicables au mécanisme d’apport-cession (150-0 B ter)
  • certaines mesures concernant l’investissement immobilier (bailleur privé)
  • Prorogation du dispositif de Contribution différentielle sur les hauts revenus
  • Indexation du barème de l’IR et du quotient familial (indice des prix 0.9%)

Ces dispositifs peuvent avoir un impact sur la structuration patrimoniale des cabinets médicaux et dentaires, notamment lorsqu’une holding de médecin ou dentiste est utilisée.

L’évolution des prélèvements sociaux (CSG / CRDS)

Depuis le 1er janvier 2026, la fiscalité des revenus du capital a évolué avec une hausse de 1,4 point de CSG sur certains revenus financiers. Le taux global des prélèvements sociaux passe ainsi de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus concernés, notamment les dividendes et certaines plus-values mobilières.

Pour les médecins et les chirurgiens-dentistes exerçant via une SELARL ou une SELAS, cette évolution intervient dans un contexte où les dividendes versés directement par la société d’exercice sont soumis aux cotisations retraite des régimes CARMF ou CARCDSF, ce qui modifie l’équilibre entre rémunération et distribution de dividendes.

Dans ce cadre, la structuration juridique du cabinet peut avoir un impact fiscal. Lorsque les dividendes sont distribués depuis une holding médecin ou une holding dentiste, notamment une SPFPL ou une holding patrimoniale (SMHF), ils restent en principe soumis uniquement au prélèvement forfaitaire unique (flat tax).

Avec la hausse récente des prélèvements sociaux, cette flat tax atteint désormais 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux) lorsque les dividendes sont distribués à l’associé personne physique.

Dans de nombreuses situations, l’utilisation d’une holding SPFPL ou SMHF permet ainsi de faire remonter les dividendes afin de les réinvestir au niveau de la holding avant leur distribution personnelle, ce qui offre davantage de souplesse dans la gestion du patrimoine du praticien.

Faut-il modifier sa structure juridique après la loi de finances 2026 ?

Pour la plupart des médecins et des dentistes, la loi de finances 2026 ne remet pas en cause l’utilisation des structures juridiques actuellement en place.

Les SELARL et SELAS restent les formes les plus adaptées pour exercer une activité médicale ou dentaire, tandis que la SPFPL demeure la principale holding professionnelle des professions libérales.

Les holdings patrimoniales familiales (SMHF) peuvent également continuer à être utilisées pour organiser le patrimoine, à condition que les actifs détenus aient une logique économique réelle.

FAQ – Holding médecin, holding dentiste et loi de finances 2026

Qu’est-ce qu’une holding pour médecin ou dentiste ?

Une holding pour médecin ou dentiste est une société qui détient les parts d’une société d’exercice libéral (SELARL ou SELAS) exploitant un cabinet médical. Elle permet notamment d’organiser la détention du cabinet et la structuration patrimoniale.

Une holding médecin ou dentiste est-elle concernée par la loi de finances 2026 ?

Dans la majorité des cas, non. Les holdings utilisées par les médecins et dentistes détiennent généralement des participations dans des sociétés d’exercice libéral, ce qui les distingue des holdings patrimoniales visées par la taxe.

Une SPFPL ou SMHF peut-elle être taxée par cette nouvelle taxe sur les holdings ?

Une SPFPL ou une SMHF qui détient des participations dans des SELARL ou des SELAS n’entre généralement pas dans le champ de la taxe sur les holdings patrimoniales.

Quelle est la différence entre une SPFPL et une holding patrimoniale SMHF ?

La SPFPL est une holding professionnelle destinée à détenir des sociétés d’exercice libéral. La holding patrimoniale (SMHF) est utilisée pour organiser un patrimoine familial.

Un médecin ou dentiste doit-il créer une holding ?

La création d’une holding médecin ou holding dentiste peut être pertinente pour organiser la détention d’une SELARL ou d’une SELAS, faciliter une association ou structurer un patrimoine.

En résumé

Pour les médecins et les dentistes libéraux :

  • la SELARL ou la SELAS reste la structure d’exercice principale
  • la SPFPL permet d’organiser la détention des parts
  • la holding patrimoniale (SMHF) sert à structurer le patrimoine

La loi de finances 2026 vise principalement certaines holdings patrimoniales détenant des actifs non affectés à une activité économique.

Les holdings utilisées dans le cadre de l’exercice médical ou dentaire ne sont généralement pas concernées.

Article rédigé par Thomas Baris
Spécialiste de la structuration juridique et fiscale des professions libérales de santé.
Cabinet BARIS STRATÉGIE – conseil en structuration juridique, fiscale et patrimoniale des médecins et chirurgiens-dentistes.

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