L’ensemble des syndicats de médecins libéraux a appelé à une mobilisation massive contre le PLFSS 2026 en appelant à un arrêt d’activité entre le 5 et le 15 janvier. Une action historique.
Après une première manifestation ce samedi 10 janvier 2026 qui a réuni plusieurs milliers de praticiens à Paris venus de toute la France, 2 000 chirurgiens, anesthésistes ou encore gynécologues, se sont exilés à Bruxelles pour éviter les réquisitions de professionnels envisagés cette semaine alors que les médecins libéraux ont prévu de poursuivre leur mouvement.
En parallèle, les syndicats appellent également à :
- surcharger les CPAM en faisant valider chaque arrêt de travail par le médecin-conseil
- arrêter d’alimenter le dossier médical partagé (DMP)
- refuser de signer le label France Santé
- boycotter les commissions paritaires
Cette mobilisation baptisée « la médecine libérale ne répond plus » vise à faire annuler plusieurs mesures adoptées en décembre par le PLFSS 2026, notamment :
- Limitation des arrêts de travail. Jusqu’à présent, la durée des arrêts de travail était laissée à l’appréciation des médecins. Avec le PLFSS, l’exécutif avait proposé de limiter la durée des premières prescriptions d’arrêts par les médecins à quinze jours. C’est finalement le seuil d’un mois qui a été retenu. Puis deux mois en cas de renouvellement. Le texte prévoit tout de même des dérogations.
Réaction de Jean-Paul Hamon de la Fédération des médecins de France sur TF1 : « Quel triste spectacle, on met des rustines aux mauvais endroits […] Tout ce qui manque sur les arrêts de travail ça serait de fournir un bracelet électronique au médecin. »
- Déremboursement du secteur 3. La version initiale du PLFSS prévoyait une taxation des dépassements des médecins en secteur 2 (en honoraires libres). Cette mesure a finalement été rejetée. En revanche, à compter du 1er janvier 2027, le PLFSS prévoit un déremboursement des prescriptions des praticiens du secteur 3. Ils sont un peu plus de mille en France à être concernés.
Réaction du Dr Kamyar Dadsetan, président du Syndicat Médecins Secteur 3 : « C’est une mesure punitive pour les patients » et « anticonstitutionnelle » qui n’aura aucun impact, car « personne ne va se reconventionner ».
- Changement des règles du cumul emploi-retraite. PLFSS avait pour objectif de reporter l’âge effectif de départ à la retraite et de limiter les incitations à des départs précoces. Désormais, les médecins de moins de 67 ans qui choisissent le cumul emploi-retraite verront un écrêtement de 50 % de leur pension au-delà d’un seuil de 7 000 euros de revenus annuels.
Réaction du Dr Yves Decalf, président du Syndicat des médecins concernés par la retraite (SNMCR) : « Le gros de la troupe va arrêter d’exercer et les nouveaux n’auront pas intérêt à prendre leur retraite avant 67 ans et à faire du cumul, ils arrêteront complètement d’exercer, c’est une mesure contre-productive ».
- Obligation d’alimenter le dossier médical partagé (DMP). Le PLFSS prévoit l’obligation, pour les professionnels de santé, de tenir à jour les dossiers médicaux de leurs patients, sous peine de pénalités financières (jusqu’à 2 500 € par manquement dans la limite de 10 000 € par an). L’obligation est double puisqu’elle comprend également l’obligation de consulter le DMP avant la prescription d’actes ou produits coûteux.
Réaction sur le réseau X du collectif Médecins Pour Demain : il dénonce une « logique punitive où la paperasse prime sur le soin ».